Plume d'hiver

Une plume d'hiver, des plumes diverses

La vie sociale du no-life

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Faute d’une meilleure image, ce sera le logo de la chaîne Nolife qui illustrera cet article.

(Attention, cet article contient un langage imagé qui ne convient pas aux yeux sensibles. En résumé, y a des gros mots.)

Une fois n’est pas coutume, c’est pour pousser ma petite gueulante que je prends la Plume (ha, ha) aujourd’hui. Le thème du jour :

Pourquoi le terme « no-life » me fait rire (jaune)

Tout d’abord, c’est quoi un no-life ? Wikipedia nous informe qu’il s’agit d’une personne qui consacre une très grande partie (si ce n’est la totalité) de son temps à pratiquer sa passion, voire son travail, au détriment d’autres activités. Cette addiction affecte ses relations sociales et sentimentales.
En l’occurrence, je vais me concentrer sur l’aspect « passion » et plus précisément « monde virtuel » (jeux, réseaux sociaux etc.). Sinon jusque là je suis plutôt ok avec la définition. No-life = passionné de l’extrême.

Là où ça se corse, c’est quand Wikipedia insiste lourdement pour les durs de comprenure : la pratique ininterrompue [de cette activité] entraîne plusieurs conséquences finissant par affecter à la fois le joueur et son entourage. Cela se répercute sur les liens sociaux du joueur, puisqu’il fréquente beaucoup moins ses amis s’il en a. Privilégiant ses connaissances virtuelles (liste d’amis, guilde, alliance, et autres systèmes de regroupements dans les jeux vidéo), il ne pratique que peu d’activités de groupe ou plus généralement d’activités en extérieur.

Certes, Wikipedia n’est pas vraiment la source la plus fiable qu’on puisse trouver mais elle a le mérite d’introduire merveilleusement le sujet en tapant en plein dans le contresens. Je vais la refaire lentement et en gras pour ceux à qui ça a échappé :

Cela se répercute sur les liens sociaux du joueur, puisqu’il fréquente beaucoup moins ses amis s’il en a. Privilégiant ses connaissances virtuelles (liste d’amis, guilde, alliance, et autres systèmes de regroupements dans les jeux vidéo), il ne pratique que peu d’activités de groupe […]

Tousse, tousse. Donc, vous me dites qu’en jouant en groupe on finit par ne plus pratiquer d’activités de groupe, et qu’à forcer de tisser des liens sociaux en ligne on bousille sa vie sociale. C’est… intéressant.

Ah mais attendez, j’ai compris ! Les gens avec qui on discute en ligne, ce ne sont pas de vrais gens en fait ? Ah si, pardon, au temps pour moi.

On reprend depuis le début.

Est considéré comme ayant une vie sociale riche :

  • celui qui sort en boîte où le son est tellement fort que toute communication orale est proscrite
  • celui qui se bourre la gueule avec ses potes le vendredi soir et n’en garde aucun souvenir le samedi matin, à part une gueule de bois béton
  • celui qui va assister à un match de foot parce que, tu comprends, avoir 10000 autres zigotos beuglant à côté de soi, c’est trop social !
  • celui qui va aux soirées de boulot où tout le monde s’ennuie mais fait des risettes au patron parce que faut ce qui faut

N’est pas considéré comme activité sociale :

  • partager sa passion avec d’autres gens situés parfois à l’autre bout du monde
  • former des groupes où l’entraide et la communication sont primordiales
  • prendre du bon temps et être heureux avec des personnes qu’on ne rencontrera jamais physiquement mais qui existent bel et bien

… c’est moi ou ce raisonnement est particulièrement gratiné en terme de connerie ?!

Alors j’en vois déjà qui haussent les épaules et ne se sentent pas concernés parce qu’on fait allusion aux gamers : eh ben non, on fait AUSSI allusion à la blogosphère. Vous savez, le truc où vous surfez pour l’instant et où vous reviendrez sans doute demain, et après-demain, et tous les jours après pour donner votre avis / rédiger des articles ? Les blopains-blopines, tout ça ? Voilà, on y est. Sinon, y a aussi Facebook, Twitter, Instagram et tout autre site à vocation vaguement sociale. Ouais, Marmiton aussi.

Ce qui m’a poussé à écrire cet article…

… est une réflexion de ma belle-soeur, modèle ô combien imprégné de bon sens (c’est ironique vous l’aurez compris), à l’attention de son frère.

Elle : « Y a Machine qui m’invite à sa soirée, j’ai trop pas envie d’y aller, ça me saoûle. En plus j’aime aucun des gens qui y vont »
Lui : « Ben pourquoi tu y vas alors ? »
Elle : « Ah mais tu peux pas comprendre toi, t’es un asocial ! Moi j’ai pas le choix »

Sur le coup j’ai eu envie de la baffer, et puis je l’ai plainte. Parce que sa vie craint vachement en comparaison avec la mienne.

Ce que les relations humaines virtuelles m’apportent

Je connais des gens qui aiment ce que j’aime, avec qui les sujets de discussion ne font jamais défaut.
Je connais des gens qui vivent partout dans le monde. Même que j’apprends des choses sur leur pays, leurs coutumes – et que je pratique mon anglais par la même occasion.
Je connais des gens que je ne jugerai pas sur leur apparence et inversement.
Je connais des gens qui me font rire, qui me font pleurer, qui osent plus facilement exprimer leurs émotions sous le couvert du relatif anonymat virtuel.
Je connais des gens avec qui je peux passer mon temps sans avoir à me pomponner, m’habiller et sortir sous la pluie. Pizza/pyjama est la combo gagnante.
Je connais des gens qui sont devenus de véritables amis, et même que parfois je les ai vus en vrai !
Je connais des gens que je peux cesser d’apprécier demain, auquel cas je me déconnecterai ou je les supprimerai de ma liste de contacts. Pas de sourire forcé entre nous.
Je connais des gens qui me redonnent jour après jour foi en l’humanité après avoir essuyé de trop nombreuses déceptions amicales.
Des gens sexy, des gens moches, des hétéros, des gays, des cis, des trans, des timides, des volubiles, des jeunes, des vieux.
Des gens quoi.

Je suis une no-life et ma vie sociale est riche

Et cette vie sociale virtuelle ne m’empêche nullement de voir ma famille ou de passer du temps avec Monsieur. Comme toute chose dans la vie, c’est une question d’équilibre.

Alors toi qui t’apprête pour aller en soirée et qui soupire en te disant que dans quelques heures tu seras de retour chez toi mais qu’entretemps il faudra que tu tiennes le crachoir à Martine qui va te parler de ses carlins pendant deux heures, ne t’avise pas de me juger.

Petite note rapide : je n’ai évidemment rien contre ceux qui aiment sortir en boîte, boire un verre, assister à des matchs de foot etc. Mon coup de gueule s’adresse aux esprits étriqués comme ma belle-soeur pour qui « rholalaaa mais t’as pas d’amis [physiques], t’as foiré ta vie ma pauvre vieille ! ». Des comme ça on en trouve aussi sur Internet d’ailleurs, les humains n’y sont pas meilleurs qu’ailleurs.

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